@Rawya Rageh interviews a survivor of ADF attacks in the DRC. - Amnesty International

RDC : une chercheuse d’Amnesty International alerte sur des crimes graves ignorés dans l’est du pays

Dans l’est de la République démocratique du Congo, une violence extrême continue de frapper les populations civiles dans un silence largement préoccupant. C’est le constat dressé par une chercheuse d’Amnesty International, spécialisée dans l’enquête sur les crimes de guerre, à l’issue d’une mission récente dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Selon ses observations, les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé opérant dans la région depuis plusieurs années, mènent des attaques répétées contre des civils, marquées par des enlèvements, des massacres et de graves violences sexuelles, notamment contre les femmes et les filles. Ces exactions, pourtant fréquentes et documentées, restent largement sous-médiatisées à l’échelle internationale.

Au cours de sa mission, la chercheuse s’est rendue dans plusieurs localités du Nord-Kivu, notamment à Beni, Butembo et dans le territoire de Lubero. Elle explique avoir recueilli de nombreux témoignages de survivants décrivant des attaques soudaines et particulièrement brutales. Des combattants armés de machettes et d’armes à feu envahissent les villages, tuent des civils sans distinction, incendient des maisons et enlèvent des habitants.

Parmi les faits les plus marquants qu’elle a documentés figure le massacre survenu le 8 septembre dans le village de Ntoyo, où plus de soixante personnes ont été tuées, dont plusieurs assistaient à une veillée funèbre. Des témoins ont raconté que les assaillants s’étaient d’abord mêlés discrètement à la population avant de lancer l’attaque, frappant leurs victimes à coups de marteaux, de machettes et par balles.

Lors de son déplacement vers Butembo, la chercheuse a également été informée d’une nouvelle attaque à Byambwe, toujours dans le territoire de Lubero. Là encore, le mode opératoire était similaire : les assaillants se sont présentés comme de simples passants, avant d’ouvrir le feu, notamment dans un centre de santé. Plus de trente civils ont été tués, dont dix-sept à l’intérieur de l’établissement médical.

Durant ses entretiens, la chercheuse d’Amnesty International a décrit une atmosphère de peur permanente. À Butembo, alors qu’elle rencontrait des survivants dans un hôpital, des corps de victimes continuaient d’arriver à la morgue. Le personnel médical, profondément choqué, lui a confié son sentiment d’impuissance face à la répétition des massacres. L’un des agents de santé a lancé un appel poignant :

« Dites à tout le monde que nous sommes massacrés. »

La situation des femmes et des filles enlevées par les ADF constitue un autre volet particulièrement alarmant de son rapport. Plusieurs survivantes lui ont raconté avoir été contraintes à des « mariages » forcés, réduites à l’esclavage sexuel et domestique dans des camps situés en pleine forêt. Le choix qui leur était imposé était simple : se soumettre ou mourir.

Même après leur libération, ces femmes continuent de souffrir. Beaucoup font face au rejet de leurs communautés, à la stigmatisation et à l’exclusion sociale. Celles qui sont revenues avec des enfants nés en captivité ont expliqué que leurs propres familles refusaient d’accepter ces enfants. Ces témoignages illustrent les conséquences durables et profondes de la violence, bien au-delà des attaques elles-mêmes.

La chercheuse souligne enfin que ces crimes ne peuvent plus être ignorés. Elle appelle à un renforcement de la protection des civils, à un soutien accru aux survivants et à des enquêtes sérieuses afin que les auteurs de ces crimes de guerre soient identifiés et poursuivis. Selon elle, la situation dans l’est de la RDC exige une réponse urgente, coordonnée et centrée sur les victimes, dont les souffrances restent trop souvent invisibles.

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