@B-one télevision - Tour de controle de l'aeroport international de Goma

Pourquoi l’AFC/M23 ne se sent pas concernée par l’annonce sur la réouverture de l’aéroport de Goma ?

1. Pourquoi l’AFC/M23 ne devrait-elle pas refuser ou contester cette annonce sur la réouverture de l’aéroport de Goma ?

Lorsque l’AFC/M23 a pris le contrôle de la ville de Goma, celle-ci avait déjà perdu toute son image humanitaire. La ville était devenue un repaire de nombreux groupes armés, souvent en coalition militaire avec le gouvernement de Kinshasa. Ces groupes s’étaient transformés en véritables « maîtres de la jungle », imposant la loi du plus fort.

Goma faisait alors face à un taux élevé de criminalité : lynchages, règlements de comptes, vols en plein jour, assassinats, justice populaire, viols, et autres formes d’insécurité.

Face à cette situation dramatique, l’AFC/M23 a estimé avoir une responsabilité humaine et a répondu à cet appel pour mettre fin au désordre, à la mauvaise gouvernance, et instaurer un climat de paix, de sécurité et de confiance.

À son arrivée, le mouvement a constaté de nombreux cas de vols, de viols, de destructions d’institutions publiques et d’entreprises, y compris la destruction de l’aéroport de Goma, attribuée aux coalitions pro-gouvernementales composées notamment des FARDC, Wazalendo et FDLR.

Mais au-delà de l’insécurité, la population faisait également face à une grave crise humanitaire :

  • L’accès à l’eau potable était quasi inexistant, avec des pannes répétées qui plongeaient des quartiers entiers dans la misère.
  • L’électricité était coupée pendant des jours, voire des semaines, créant un climat propice aux actes de banditisme et aux exactions militaires.

Ces conditions déplorables favorisaient l’insécurité et la vulnérabilité de la population.

Dès son arrivée, l’AFC/M23 a mis toutes ses forces pour remédier à ces problèmes. Le mouvement a œuvré pour le rétablissement durable de l’eau et de l’électricité, permettant ainsi à la vie économique et sociale de reprendre progressivement son cours normal. Grâce à ces efforts, les commerces ont rouvert, les activités quotidiennes ont repris, et les habitants ont retrouvé un minimum de dignité et d’espoir.

Ce qui surprend aujourd’hui, c’est de voir le gouvernement de Kinshasa, responsable selon plusieurs témoignages de la mort de nombreux civils à Goma et allié à des milices irrégulières, soutenir désormais l’idée de rouvrir l’aéroport.
Ce même gouvernement, malgré la médiation de Doha, continue de bombarder les populations civiles, de violer le cessez-le-feu, de fermer les banques et de bloquer les épargnes des citoyens — et se permet maintenant de parler de « reconstruction » et de « réouverture » de Goma.

2. Qui devrait soutenir l’idée de la réouverture de l’aéroport de Goma ?

Au regard des efforts humanitaires et sécuritaires observés depuis la prise de contrôle de la ville, c’est l’AFC/M23 qui devrait légitimement soutenir et diriger cette initiative.

Grâce à ses actions, Goma retrouve peu à peu son image d’une ville vivante, propre et paisible, où les habitants peuvent circuler librement et vaquer à leurs occupations sans crainte.

Aujourd’hui, il n’y a plus de camps de réfugiés utilisés à des fins politiques ou humanitaires douteuses, plus de tueries ciblées, ni de vols à main armée comme auparavant. L’eau et l’électricité sont revenues, la population respire de nouveau, retrouve confiance et espoir en l’avenir.

Ainsi, c’est bien l’AFC/M23 — et non le gouvernement central — qui a redonné à Goma les conditions nécessaires pour envisager une véritable réouverture de l’aéroport, symbole de reprise économique et de stabilité.

3. Pourquoi l’AFC/M23 ne soutient-elle pas l’idée de la réouverture de l’aéroport ?

Le coordinateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a expliqué sur son compte X (anciennement Twitter) les raisons pour lesquelles le mouvement ne soutient pas l’annonce faite à Paris.

Selon lui, cette initiative, présentée sans concertation avec les autorités locales de fait et sans reconnaissance du rôle de l’AFC/M23 dans la stabilisation de Goma, apparaît comme une manœuvre politique visant à donner une image trompeuse de contrôle et de normalité.

Pour l’AFC/M23, la réouverture de l’aéroport ne peut être envisagée que dans un cadre inclusif, transparent et sécuritaire, où la paix et la confiance de la population sont pleinement rétablies

Voici la déclaration intégrale de l’AFC/M23 citée par Corneille Nangaa :

#RDC L’AFC/M23 ne se sent pas concernée par l’annonce de la réouverture de l’aéroport international de Goma*

 

L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) exprime son étonnement face à l’annonce, faite à Paris lors de la Conférence humanitaire sur les Grands Lacs, de la réouverture de l’aéroport international de Goma. Cette décision est inopportune, déconnectée de la réalité sur le terrain et prise sans aucune consultation préalable avec l’AFC/M23.

 

Les questions fondamentales demeurent :

 

1. Comment évoquer la réouverture de l’aéroport de Goma pour des motifs humanitaires alors que les territoires de Walikale et de Masisi au Nord-Kivu, ainsi que ceux de Fizi (Minembwe), Walungu et Mwenga au Sud-Kivu, subissent quotidiennement des bombardements du régime de Kinshasa ciblant des sites civils : usines, ponts, aérodromes et avions humanitaires ?

 

2. Comment parler de reprise du trafic aérien à Goma alors que les populations sont privées de leurs épargnes et que les banques sont fermées sur décision du régime de Kinshasa ?

 

L’annonce de la réouverture de l’aéroport de Goma apparaît donc inopportune et prématurée dans un contexte marqué par :

 

1. des attaques de drones du régime de Kinshasa sur des cibles civiles ;

 

2. la destruction d’avions humanitaires à destination de Walikale et de Minembwe ;

 

3. la fermeture arbitraire de l’espace aérien des territoires libérés pour faciliter des opérations militaires contre des civils.

 

Dans les zones libérées, les civils vivent en sécurité et dans la dignité, loin du chaos entretenu par Kinshasa.

 

L’AFC/M23 attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les pratiques des lobbys humanitaires qui se nourrissent sur le dos de populations prétendument déplacées. Par le passé, ces mêmes lobbys ont favorisé la survie de groupes armés, y compris les FDLR alliés de Kinshasa, prolongeant ainsi les souffrances de notre peuple.

 

La France devrait adopter une position juste et équitable. Elle ne doit pas encourager ceux qui exploitent la détresse humaine à des fins politiques ou lucratives, mais plutôt soutenir la recherche de solutions susceptibles de ramener la paix aux peuples de la région.

 

En conclusion,l’AFC/M23 réaffirme son engagement en faveur d’une paix véritable à travers le dialogue et du respect des engagements internationaux, notamment ceux issus des discussions de Doha. Nous invitons la communauté internationale à soutenir les efforts de paix, plutôt qu’un régime qui ne respecte aucun de ses engagements et persiste dans sa logique de guerre, y compris contre sa propre population.

 

Analyse et explication

À travers cette déclaration, Corneille Nangaa souligne que la question de la réouverture de l’aéroport de Goma ne peut pas être abordée de manière isolée, tant que les causes profondes du conflit et les souffrances des civils persistent.
Pour l’AFC/M23, parler de reconstruction sans paix réelle est une illusion : la priorité reste la cessation des bombardements, la fin des massacres et la mise en œuvre effective des accords de Doha.

En d’autres termes, la réouverture de l’aéroport ne doit pas servir de vitrine diplomatique, mais s’inscrire dans une dynamique de réconciliation, de stabilité durable et de respect des droits humains.

Cette position, claire et argumentée, s’inscrit dans la logique politique et humanitaire que l’AFC/M23 revendique depuis son entrée à Goma : restaurer la paix, protéger les civils et garantir la dignité des populations oubliées.

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