@Al Jazeera - Bertrand Bisimwa a Rumangabo
“Ils se moquent de nos problèmes pour leurs intérêts” - Le cri de Bisimwa contre l’Occident
Goma, 6 février 2026 – Dans un tweet percutant publié le 17 mars 2025, Bertrand Bisimwa, président du Mouvement du 23 mars (M23) et coordonnateur adjoint de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), avait fustigé les sanctions internationales imposées dans les conflits africains. Pour lui, ces mesures, souvent dictées par des logiques européennes, bloquaient le processus de paix et perpétuaient la dépendance du continent.
“Ceux qui se moquent de nos problèmes pour ne focaliser leur attention que sur leurs intérêts ont-ils seulement conscience du déséquilibre qu’impactent leurs sanctions sur le processus de paix dans nos pays ?”, interrogeait Bisimwa dans son message. Il avait pointé du doigt une radicalisation inévitable : en sanctionnant une seule partie prenante, ces mesures “entêtent l’autre en la radicalisant”, transformant ainsi un dialogue naissant en impasse totale.
Une paix “à la manière africaine”
Bisimwa avait insisté sur l’inefficacité d’une approche imposée de l’extérieur. “L’on ne peut pas prétendre faire la paix en Afrique avec les lunettes et les stylos européens”, avait-il écrit. Pour le leader du M23, la paix devait être une “affaire des Africains et à la manière africaine”, avec les États du monde limités à un rôle d’accompagnateurs bienveillants.
Dans le contexte des tensions persistantes dans l’Est de la RDC, notamment autour du M23 et des dynamiques régionales impliquant le Rwanda et l’Ouganda, ces sanctions – souvent émanant de l’Union européenne ou des États-Unis – étaient perçues comme un obstacle majeur. Elles figeaient les négociations et entretenaient “l’incertitude et la dépendance”, selon Bisimwa.
Contre le paternalisme international
Le tweet avait culminé en une critique acerbe du paternalisme occidental : “Le monde ne peut aller mieux tant que certains s’arrogeront le rôle des pères fouettards en octroyant aux autres le rôle des gamins à dresser et redresser à tout prix à leur manière, sans leur accorder une voix délibérante.”
Son intervention sur X (ex-Twitter) était intervenue alors que les débats sur la paix dans les Grands Lacs s’intensifiaient, avec des acteurs comme l’Union africaine et la SADC cherchant à reprendre l’initiative.
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