@SHI YU/ XINHUA NEWS AGENCY/NEWSCOM/MAXPPP - Après une attaque des Forces démocratiques alliées à Oïcha, dans le territoire de Beni, dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, le 17 août 2025.
« Le gouvernement a échoué à nous protéger » : colère et désillusion à Lubero
Dans l’entretien accordé à Simba Media DRC, l’habitant de Lubero exprime une profonde frustration face à ce qu’il considère comme un échec de l’État central :
« Tout montre que le gouvernement de Kinshasa a échoué à finir avec les ADF/NALU. Depuis plus de 15 ans, on nous promet des opérations militaires, mais nous continuons à être massacrés sous leurs yeux. Même l’opération Shujaa avec l’armée ougandaise n’a rien changé. »
Il ajoute que, face à la persistance des massacres :
« Une partie de la population n’attend que l’arrivée de l’Armée Révolutionnaire Congolaise pour stabiliser cette région. Nous voyons comment Goma, Bukavu et d’autres zones gérées par l’AFC/M23 connaissent aujourd’hui une certaine stabilité. Nous espérons que ce mouvement pourra aussi penser à nous libérer de la menace ADF, puisque le gouvernement de Kinshasa n’assure plus notre sécurité. »
Ces déclarations reflètent un climat grandissant de désespoir, mais aussi un glissement de confiance vers d’autres acteurs armés, dans une région où l’autorité de l’État est fortement contestée.
Une série noire de massacres
Cette nouvelle attaque survient trois mois seulement après une autre série de raids attribués aux ADF.
En août 2025, des combattants ADF avaient tué au moins 52 personnes dans plusieurs localités du Nord-Kivu, selon la MONUSCO.
Les organisations locales dénoncent une stratégie d’attaques répétitives visant à terroriser les communautés rurales déjà fragilisées.
Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025, des combattants présumés ADF-NALU ont mené une nouvelle attaque d’une extrême violence dans le territoire de Lubero. Selon les premières informations recueillies, au moins 28 personnes ont été tuées, un centre de santé paroissial a été incendié, et plusieurs habitations ont été réduites en cendres.
Une incursion brutale dans les quartiers Makuta et Django
Joint par Simba Media, un habitant de Lubero raconte une nuit de terreur :
« Les assaillants ont pris pour cible des zones d’habitation. Douze maisons du quartier Makuta ont brûlé, et onze autres à Django. Ils ont tué sur place la majorité des hommes dans ces deux quartiers. »
Le bilan provisoire qu’il dresse est lourd :
- 28 morts,
- 16 femmes, dont une jeune fille,
- 12 hommes, dont deux garçons.
Selon son témoignage, certaines victimes ont été exécutées avec une brutalité extrême.
« Des femmes qui allaitent ont été retrouvées la gorge tranchée dans leur lit d’hôpital », a confié un témoin à l’agence Associated Press.
La jeunesse de Lubero exige la démission de Felix Tshisekedi
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le Conseil de la Jeunesse de Lubero lisant une déclaration publique.
Dans ce texte, les jeunes exigent la démission du président Félix Tshisekedi, l’accusant d’avoir « échoué à ramener la paix » dans la région.
Ils citent notamment :
- la multiplication des massacres ADF,
- les déplacements massifs des populations,
- les affrontements réguliers entre Wazalendo et FARDC dans des lieux publics,
- les pertes matérielles importantes,
- les « exactions » commises par certains groupes Wazalendo, accusés par la population d’agir en complicité avec des éléments des FARDC.
Un territoire pris en étau
Entre les attaques répétitives des ADF, les affrontements entre groupes armés locaux et l’implication de milices dites « Wazalendo », la population de Lubero, Butembo, Beni et des zones environnantes continue de vivre dans un climat d’insécurité extrême.
Alors que certains villages se vident et que d’autres s’arment pour survivre, une question persiste : Qui assurera enfin la protection durable de ces communautés ?
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