@(Photo AP/Evan Vucci) - Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, prend la parole lors d'une cérémonie de signature avec le président Donald Trump et le président rwandais Paul Kagame, à l'Institut américain de la paix, le jeudi 4 décembre 2025 à Washington

Trois publics, trois discours : la stratégie communicationnelle de Félix Tshisekedi

Félix Tshisekedi semble adapter son discours selon le public auquel il s’adresse : un message pour les Occidentaux, un autre pour les Africains, et un autre encore pour les Congolais.

Le 11 octobre, face à la diaspora congolaise en Belgique, il évoquait une « guerre diplomatique » en cours. Pourtant, deux jours plus tôt, au Forum Global Gateway 2025 à Bruxelles, il se présentait comme un dirigeant engagé pour la paix.

« J’ai tendu la main à celui qui représente les forces attaquant la RDC », expliquait-il, avant d’ajouter que « ces batailles se mènent aussi dans les cercles diplomatiques ».
Il insistait également sur le fait qu’il n’avait « jamais adopté une posture belliqueuse envers le Rwanda ».

Pourtant, lors de la campagne présidentielle de 2023, Tshisekedi avait tenu des propos très offensifs, allant jusqu’à promettre d’atteindre Kigali et de provoquer un changement de régime au Rwanda. Beaucoup considèrent aujourd’hui qu’il s’agissait d’une rhétorique électorale destinée à mobiliser son électorat, mais ces déclarations ont malgré tout nourri les tensions.

Sur le terrain, la réalité a été marquée par une escalade militaire : mobilisation des forces de la SADC, présence de troupes burundaises, recours à des mercenaires et alliances avec diverses milices congolaises, le tout dans le but de combattre l’AFC/M23.

Cette contradiction entre les appels publics à la paix et les actions militaires suscite de nombreuses interrogations. Le même jour où Tshisekedi signait un accord de paix à Washington, des bombardements à Kamanyola — attribués à l’armée burundaise et menés avec l’appui de Kinshasa, selon plusieurs sources — provoquaient la mort de civils, ainsi que la destruction d’églises et d’écoles….


Ainsi, pour plusieurs observateurs, le président congolais alterne constamment entre apaisement diplomatique et intensification militaire.

Concernant la crise régionale, une critique fréquente porte sur l’absence de traitement des causes profondes du conflit depuis son accession au pouvoir. Au lieu d’engager un processus politique durable, Tshisekedi est accusé de soutenir une logique de confrontation militaire.
Des organisations régionales comme l’EAC ou la CIRGL, ainsi que plusieurs partenaires internationaux, ont régulièrement appelé à des négociations, mais Kinshasa rejette fermement cette option.

Les responsables de l’AFC/M23, eux, affirment combattre pour leur survie, pour la représentation des populations marginalisées et pour une réforme de la gouvernance en RDC. Bertrand Bisimwa, l’un de leurs dirigeants, insiste sur le fait que leur objectif n’est pas la conquête territoriale mais la résolution de griefs anciens restés sans réponse.

À travers ces multiples contradictions, beaucoup de Congolais ont le sentiment que leur pays demeure incapable de se développer tant que les décisions militaires et politiques restent influencées par des logiques identitaires ou régionales.
L’implication de forces étrangères, les violences contre les populations civiles et les jeux d’alliances alimentent une crise qui met en danger la stabilité de toute la région des Grands Lacs.

 

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