@Amzat Rutega - Les manifestants de Bukavu
"Ceux qui demandent le départ de l’AFC/M23 de Uvira ne savent pas ce que nous avons enduré avant leur arrivée" : Bukavu exige la sécurité et la continuité de la paix à Uvira.
Depuis ce matin, le 23 décembre 2025, une importante manifestation se déroule à Bukavu, Kiwanja, Rutshuru Centre et Sake. Les habitants se rassemblent massivement pour protester contre le retrait des combattants de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira. Cette mobilisation intervient après que, le 22 décembre 2025, la population d’Uvira a tenté de manifester pour refuser le retour des forces armées burundaises (FDNB), des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et des milices telles que les Wazalendo, des groupes accusés de nombreuses violations des droits humains dans la région.
À Bukavu les manifestants expriment leur soutien à leurs compatriotes d’Uvira. Un manifestant déclare : « Je ne peux pas bien dormir ni manger pendant que mon petit frère est tué, volé, bombardé tous les jours. Nous avons le droit de manifester pour défendre leur avenir. » Cette déclaration reflète la profonde inquiétude des habitants de Bukavu, qui, bien que vivant dans une relative tranquillité, ne peuvent plus ignorer les souffrances de leurs frères à Uvira.
Les citoyens de Bukavu, ainsi que des groupes de la société civile, suspendent leurs activités pour se joindre à cette marche pacifique. Ils demandent que la situation à Uvira devienne aussi calme et sécurisée que celle de Bukavu, Goma, Rutshuru ou Kiwanja. Selon eux, la présence de l’AFC/M23 a permis de restaurer la sécurité à Uvira et d’apporter une stabilité qu’ils ne veulent pas perdre.
« Depuis l’arrivée de l’AFC/M23 à Uvira, la sécurité est revenue. Nous espérons que cela continue. Mais malheureusement, ils demandent a nos freres de vivre sans l’AFC/M23. Ceux qui disent qu’il doit quitter, qu’ils comprennent que nous voulons qu’il reste, et que les forces gouvernementales, responsables de nombreuses violences passées, ne reviennent pas », a déclaré un manifestant à la presse.
La manifestation de Bukavu fait écho à des protestations similaires à Goma, Masisi et dans d’autres régions où les populations refusent catégoriquement le retrait des combattants de l’AFC/M23 a Uvira. Ce rejet est accompagné d’une demande pour que l’AFC/M23 avance dans d'autres zones du pays qui ne sont pas encore libérées.
Les manifestants dénoncent également l’implication du gouvernement de Félix Tshisekedi, qu'ils accusent de soutenir des forces armées responsables d’exactions contre la population. « Nous ne voulons plus des FARDC, des Imbonerakure, des Wazalendo, ni de l’armée burundaise. Les soldats de Tshisekedi sont des bandits, et ils ne doivent pas revenir à Uvira, » a ajouté un autre manifestant.
Simba Media a contacté un habitant d’Uvira, qui a exprimé son désarroi face à l’intervention internationale dans cette crise : « L’administration Trump ne doit pas décider à notre place. Elle devrait nous consulter, nous, le peuple, pour savoir quelle force doit rester à Uvira. Nous avons déjà expérimenté la présence des forces gouvernementales et nous avons vu ce que l’AFC/M23 a fait pour notre sécurité. Nous devons être ceux qui décident qui doit rester et qui doit partir. »
Pour l'AFC/M23, la question devient de plus en plus complexe : suivre la volonté populaire qui soutient leur présence à Uvira et la libération totale du pays, ou céder aux pressions diplomatiques qui exigent un retrait de leurs troupes sous prétexte de stabiliser la région ? Ce choix n’est pas simple. D’un côté, les populations locales de l’Est de la RDC, qui ont vécu sous la menace des milices et des forces armées congolaises pendant des années, voient l’AFC/M23 comme un acteur qui a restauré la paix et la sécurité. De l’autre, la communauté internationale, menée par des puissances comme les États-Unis et les Nations Unies, impose des solutions politiques qui ne semblent pas toujours tenir compte de la réalité quotidienne sur le terrain.
Ecrit Par Shaby Kazungu.
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