@Imagine d'Illustration - Un élément FARDC.

KINSHASA A CRÉÉ DES MONSTRES. AUJOURD’HUI, CE SONT EUX QUI LE TIENNENT EN OTAGE.

 

 
Auteur : Shaby Kazungu
07 décembre 2025 – 21h30
 
Les combattants Wazalendo ont refusé d’obéir aux ordres du général de brigade Amuli Chiviri, commandant du secteur opérationnel Sokola II Sud–Sud-Kivu. Celui-ci leur avait ordonné de se retirer de la plaine de la Ruzizi, de céder le contrôle de la zone aux FARDC et à l’armée burundaise (FDNB), et de se repositionner dans les collines qui surplombent la plaine.
 
L’ordre a été donné lors d’une réunion le 2 décembre, quand le général Chiviri s’est adressé à environ 300 miliciens Wazalendo au centre de Luvungi, groupement d’Itara, territoire d’Uvira.
 
Malgré les avertissements de sanctions sévères, les Wazalendo ont maintenu leur position radicale, accusant le général Chiviri de les trahir et d’ouvrir la voie à l’AFC/M23.
 
Après que l’AFC/M23 est arrivée à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, en février, la coalition de l’armée congolaise s’était repliée sur Uvira, où elle a été massacrée en masse par les Wazalendo, qui l’accusaient de ne pas avoir résisté face à l’avancée de l’AFC/M23.
 
Selon une source, les Wazalendo « sont devenus fous » après avoir été « trahis par les FARDC à Bukavu et dans d’autres zones où l’armée régulière n’a jamais tenu ses positions face à l’AFC/M23 ». Ils auraient ensuite lancé une sorte de mission de vengeance : tirant et tuant des soldats congolais dès qu’ils s’en approchaient.
 
Vu la situation actuelle et l’escalade des tensions entre FARDC et Wazalendo, un scénario similaire pourrait éclater à tout moment.
 
Le 24 novembre, les Wazalendo ont affronté les FARDC dans la ville d’Uvira et ses environs, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés graves.
 
La situation était extrêmement tendue : plusieurs quartiers d’Uvira — notamment Kalundu et Kalimabenge — ont été secoués par des tirs nourris. La population a paniqué : plusieurs écoles ont suspendu les cours, et boutiques et marchés ont fermé, paralysant presque totalement l’activité économique.
 
Le 23 novembre, dans la plaine de la Ruzizi à Luvungi, un homme identifié comme Wazalendo et ancien gardien de la paroisse de la Sainte Famille a ouvert le feu pendant une célébration diocésaine de jeunesse à l’église catholique Sainte Famille. L’attaque a fait deux morts et cinq blessés, selon les rapports.
 
Créés par le président Félix Tshisekedi en 2022, les Wazalendo sont au centre de multiples controverses. Des organisations nationales et internationales de défense des droits humains les accusent de graves violations et de crimes contre l’humanité. Amnesty International affirme disposer d’informations crédibles sur des abus et des exécutions de représailles commises par les Wazalendo contre des civils.
 
Plusieurs parlementaires d’Uvira, dont Justin Bitakwira Bihona-Hayi, député national et coordinateur du soutien à la coalition Wazalendo au Sud-Kivu, ont reconnu les abus et assassinats attribués aux miliciens. Les groupes de la société civile locale ont également dénoncé ces atrocités, appelant les autorités à protéger les civils.
 
Selon un rapport de HRW publié en mai :
« Les combattants Wazalendo ont commis des passages à tabac, des meurtres et des extorsions contre des civils, parfois sur une base ethnique. La société civile du Nord-Kivu a aussi dénoncé leur règne de terreur. »
 
Un leader communautaire a déclaré à HRW :
« Ils [les Wazalendo] ont dit que nous ne sommes pas Congolais, que nous sommes Rwandais. Ils ont dit qu’ils sont venus à Bibokoboko [Sud-Kivu] pour “nettoyer” les Banyamulenge. Ils ont tué sept personnes et détruit des maisons, des centres de santé et des écoles. »
 
Des observateurs avertissent que les armes distribuées aux Wazalendo pourraient se retourner contre la population. Ils soulignent l’absence de contrôle strict de la milice, dont certains membres auraient des antécédents criminels.
 
Onésphore Sematumba, analyste principal pour la région des Grands Lacs au sein de l’International Crisis Group, dresse un tableau alarmant :
« L’État a perdu le contrôle », a-t-il averti.
« L’armée congolaise a depuis longtemps montré ses limites. Les Wazalendo se sont imposés comme plus puissants et mieux organisés que les forces officielles. »
 
Dans certaines zones, les Wazalendo agissent comme des forces de l’ordre, punissant l’armée régulière pour des indisciplines. Selon Sematumba, la milice a été armée, tolérée ou légitimée par l’État. Elle contrôle désormais des zones clés, des routes, des écoles et même certains services publics, imposant sa loi aux populations locales dans plusieurs localités de l’est de la RDC.
 
Un habitant d’Uvira a déclaré à HRW que certains Wazalendo « se comportent comme s’ils étaient la police et pensent pouvoir régler les conflits entre civils ».
 

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