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RDC – Goma : ce que disent les habitants, un an après janvier 2025

Par Simba Média DRC
Goma, 26 janvier 2026 – Un an après la prise de contrôle de la ville de Goma par l’AFC/M23, les habitants décrivent un quotidien profondément transformé. Entre améliorations perçues en matière de sécurité et craintes persistantes liées au passé récent du conflit, les témoignages recueillis sur le terrain auprès de motards, commerçants et jeunes urbains révèlent un tableau nuancé.​

Avant janvier 2025, Goma se trouvait au cœur d’une configuration sécuritaire fragmentée. La présence simultanée de groupes armés wazalendos de diverses factions, forces étrangères de la SADC, éléments de l’armée burundaise, combattants FDLR et mercenaires avait instauré un climat de « peur permanente ». Vols, kidnappings, extorsions et tracasseries multiples rythmaient la vie quotidienne, particulièrement sur les axes routiers et dans les quartiers périphériques.​

Sur l’axe Goma–Masisi, les conducteurs de motos se présentent comme des témoins privilégiés. Avant la prise de contrôle par l’AFC/M23, le trajet durait jusqu’à trois heures à cause de routes dégradées et de barrières illégales multiples. Aujourd’hui, ils affirment le parcourir en une heure, grâce à une présence sécuritaire plus structurée et des travaux de réhabilitation routière.​

« Nous transportons passagers et produits vivriers comme les pommes de terre de Masisi vers Goma », explique l’un d’eux. « Quand les barrières se multiplient, c’est nous qui payons le premier prix : temps perdu, tracasseries, violences. » Cette réduction des obstacles est vue comme un indicateur tangible d’amélioration.​

Dans les marchés, une vendeuse de pommes de terre dresse le contraste avant/après. « L’accès aux champs de Masisi était dangereux avec les milices wazalendos et FDLR », témoigne-t-elle. Les menaces, tracasseries et routes dégradées faisaient exploser les coûts de transport et les prix. Désormais, elle s’approvisionne plus régulièrement : le sac de 280 kilos est passé de 400 000 à 220 000 francs congolais.​

Au centre-ville, un jeune vendeur d’unités téléphoniques parle de « respiration ». Il fermait boutique à 16h par peur des braquages et enlèvements. Aujourd’hui, il prolonge sa journée, sentant les risques immédiats diminués. « La crainte d’un retour à l’insécurité reste là », nuance-t-il cependant.​

Les entretiens avec les jeunes de Goma montrent des avis partagés. Certains soutiendraient les forces actuelles contre un retour des wazalendos pour éviter les « années de jungle ». D’autres, épuisés par la violence, aspirent à une stabilité durable, indépendamment des acteurs armés.​

Des motards souhaitent une victoire de l’AFC/M23 et l’extension de son contrôle à d’autres zones, qualifiée de « libération ». Ils lient cela à une sécurité consolidée et des routes réhabilitées, essentielles pour relancer le commerce et baisser les coûts de transport.​

Ces voix dessinent un Goma en mutation : avancées en mobilité, commerce et réduction de la criminalité visible, mais aussi peurs persistantes et lassitude face aux cycles de violence. Ce reportage de terrain met en lumière les perceptions locales face au nouveau contexte sécuritaire.

Simba Média DRC suit l’actualité du Nord-Kivu avec des reportages authentiques du terrain.

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