@CRDH Congo / APDH France / DPC France - Communiqué officiel de la CRDH, APDH et DPC, daté du 2 janvier 2026, dénonçant des bombardements aériens contre des civils à Masisi-centre (Nord-Kivu).

Nord-Kivu : des ONG dénoncent des bombardements aériens meurtriers contre des civils à Masisi

Masisi (Nord-Kivu), vendredi 2 janvier 2026

Des bombardements aériens ont frappé aujourd’hui Masisi-centre, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), aux alentours de 13h30, provoquant la panique au sein de la population civile. Quelques minutes après ces frappes, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a réagi ce même jour sur son compte X (anciennement Twitter), où il a publié un message d’alerte accompagné d’images montrant la gravité de la situation sur les lieux des bombardements.

« Urgent – 2/01/2026 : en ce moment, les drones de combat du régime de Kinshasa bombardent aveuglément Masisi-centre, en plein milieu de la population civile. Bilan provisoire : six morts et plusieurs blessés », a-t-il écrit.

Plusieurs organisations de défense des droits humains accusent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’être à l’origine de ces bombardements aériens ayant touché des civils à Masisi-centre.

Dans un communiqué publié aujourd’hui à Goma, la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH) Congo, l’Action pour les Droits Humains (APDH) France et la Diaspora Plurielle Congolaise (DPC) France affirment que des frappes aériennes attribuées à l’armée congolaise ont visé une zone densément peuplée de Masisi-centre.

Selon ces organisations, les bombardements auraient causé la mort d’au moins quatre civils et fait huit blessés graves, tous présentés comme des non-combattants. Elles indiquent également qu’une infrastructure à caractère humanitaire, notamment une base anciennement utilisée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), aurait été touchée lors de ces frappes.

De possibles violations du droit international humanitaire

Les ONG signataires estiment que ces attaques, survenues aujourd’hui, pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire. Elles rappellent que les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels imposent aux parties à un conflit armé le respect des principes de distinction entre civils et combattants, de proportionnalité dans l’usage de la force et de précaution dans la conduite des opérations militaires.

« Le bombardement d’une zone habitée, sans objectif militaire clairement identifié, est susceptible de constituer un crime de guerre au sens de l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale », écrivent-elles.

Enquêtes et responsabilités évoquées

Les organisations de défense des droits humains rappellent avoir engagé, depuis janvier 2025, des enquêtes approfondies sur des exactions présumées commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par différents acteurs armés. Elles précisent que les investigations menées au Sud-Kivu sont achevées et qu’un rapport sera rendu public dans les prochains jours, tandis qu’une enquête spécifique sur le Nord-Kivu était déjà en préparation avant les événements survenus aujourd’hui à Masisi.

Le communiqué souligne que les responsabilités pénales pourraient concerner non seulement les auteurs directs des bombardements, mais aussi les commandants militaires ainsi que toute autorité civile ou militaire ayant ordonné, autorisé ou toléré de tels actes. Les ONG affirment disposer d’éléments de preuve, notamment des images et des vidéos, susceptibles d’être présentées devant des juridictions compétentes.

Appel à la protection des civils

Face à ce qu’elles qualifient de violences répétées et indiscriminées contre la population civile du Nord-Kivu, les organisations signataires appellent au respect strict du droit international humanitaire et à la protection des civils, rappelant que ceux-ci « ne peuvent en aucun cas être transformés en cibles militaires ».

À l’heure où nous publions cet article, aucune réaction officielle des autorités congolaises ou de l’armée n’a encore été enregistrée. Notre rédaction reste disponible pour publier toute réponse ou mise au point des parties concernées.

 

Auteur : Shaby Kazungu

Contact

147, Avenue Tulipier, Quartier Le Volcan, GOMA RDC

+243 850 016 435

contact@simbamediardc.com

Nous suivre
Porfolio

© 2026. Tous les droits réservés. by SIMBA MEDIA RDC

Le rugissement de la vérité