@Images - Les refugiées Banyamulenges à Minembwe

Uvira : les ONG alertent sur exactions ciblées après le retrait de l’AFC/M23

Uvira, 18 janvier 2026

Un consortium d’organisations de défense des droits humains tire la sonnette d’alarme sur la situation à Uvira, au Sud-Kivu, après le retrait des éléments de l’AFC/M23 de cette ville stratégique. Dans un communiqué daté du 18 janvier 2026, la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH), l’Action pour les Droits Humains (APDH), la Diaspora Plurielle Congolaise (DPC), le collectif Banyamulenge Gakondo et ISOKO Diaspora dénoncent un vide sécuritaire « notable » ayant favorisé une recrudescence d’exactions ciblées, de pillages et de violations graves des droits humains.

Un vide sécuritaire après le retrait de l’AFC/M23

Le consortium rappelle que le retrait effectif des éléments de l’AFC/M23 a été observé le samedi 17 janvier 2026, laissant la ville sans présence effective de l’autorité de l’État ni dispositif sécuritaire structuré. Dans ce contexte, les organisations décrivent « un vide sécuritaire notable » qui aurait permis la multiplication d’actes de banditisme, de pillage de biens publics et privés, ainsi que de menaces sérieuses contre la sécurité et la dignité des civils.

Le communiqué signale que plusieurs témoignages font état d’exactions ciblées, d’actes d’intimidation, de déplacements forcés et d’atteintes aux droits fondamentaux, visant en particulier des hommes, des femmes et des enfants accusés d’avoir soutenu le maintien de l’AFC/M23 dans Uvira. Sont également visées des populations civiles prises pour cibles en raison de leur appartenance ethnique, notamment les Banyamulenge et les Barundi.

Miliciens Wazalendo accusés d’exactions ciblées

Selon le communiqué, la journée du dimanche 18 janvier 2026 a été marquée par l’entrée dans la ville des miliciens « Ma-Ma » dits Wazalendo, décrits comme se livrant à des exactions ciblées contre les populations civiles et à des actes de pillage systématique. Les organisations évoquent des pillages touchant aussi bien des biens publics que des biens privés, ainsi que des violences basées sur l’identité communautaire et des atteintes à l’intégrité physique.

Le texte fait état de « plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires » et de violences graves, dans un climat de peur généralisée. De nombreux membres des communautés banyamulenge et barundi seraient contraints de vivre dans la clandestinité, craignant d’être victimes de représailles ciblées. Pour le consortium, ces éléments constituent des signaux d’alerte d’un risque élevé d’exactions massives et de violations graves des droits humains.

Responsabilité de la MONUSCO et interpellation des États-Unis

Un point central du communiqué concerne la responsabilité de la MONUSCO. Les organisations rappellent que, après le retrait de l’AFC/M23, la ville d’Uvira a été laissée « sous la responsabilité de la MONUSCO en matière de gouvernance sécuritaire ». Elles estiment que la mission onusienne a l’« obligation primordiale » de prendre des mesures urgentes et efficaces pour protéger les populations civiles et leurs biens.

Le consortium :

appelle l’administration américaine et la MONUSCO à « renforcer urgemment » la présence des forces de sécurité à Uvira ;

demande l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les actes de pillage et les violations présumées, afin que les auteurs soient identifiés et traduits en justice ;

invite les partenaires nationaux et internationaux à accorder une attention particulière à la situation humanitaire et sécuritaire dans le territoire d’Uvira.

Les signataires insistent sur le fait que tout retrait ou redéploiement de forces armées doit s’accompagner de mesures adéquates pour éviter l’anarchie et la multiplication des violations des droits humains.

Engagement de suivi et de documentation

Enfin, le consortium réaffirme son engagement à surveiller de près la situation. Les organisations annoncent qu’elles continueront à :

Documenter toutes les exactions commises contre les civils ;

Collecter témoignages et preuves des violations des droits humains ;

Œuvrer à l’établissement des responsabilités devant les instances compétentes, tant nationales qu’internationales.

Le communiqué se conclut par un appel à la communauté nationale et internationale à rester vigilante, à condamner fermement les actes dénoncés et à agir pour prévenir une nouvelle escalade de la violence dans cette partie de l’est de la RDC.

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