@Plaque - D'immatriculation de la République Démocratique du Congo

RDC : 200-500 USD de plaques dans un pays où 85 % ne mangent pas à leur faim

La Direction Générale des Impôts (DGI) de la RDC a annoncé le lancement officiel des nouvelles plaques d’immatriculation sécurisées à partir du 6 janvier 2026, via un communiqué signé par son directeur général, Bambabé Muakadi Muamba. Cette mesure, impulsée par le président Félix Tshisekedi lors du 72e Conseil des ministres du 27 décembre 2025, vise à moderniser le système d’identification des véhicules, lutter contre la fraude, renforcer la traçabilité et intégrer l’immatriculation au dédouanement des importations pour sécuriser les recettes publiques et la sécurité routière.​

Les nouvelles plaques, conformes aux normes internationales, remplacent l’ancien système (décret de 2008) et deviennent obligatoires pour tous les propriétaires de véhicules, sans exemption mentionnée pour les plaques en bon état. La DGI insiste sur la transparence et l’uniformité nationale, avec un déploiement immédiat sur tout le territoire ; le coût varie de 200 à 500 USD selon des témoignages, bien que non précisé officiellement.​

Croissance du pays sur papier vs précarité extrême

Malgré une croissance du PIB projetée à plus de 5% en 2025-2026, la RDC reste marquée par une extrême pauvreté touchant 85,3% de la population, bien au-dessus de la moyenne subsaharienne de 45,5%, selon la Banque Mondiale. Le FMI note une inflation en baisse à 2,5% en octobre 2025, mais persistance de conflits à l’Est, chômage élevé et inégalités liées à une gouvernance faible, limitant l’accès aux services de base et aggravant la précarité quotidienne.​

Réactions de la population.

La réforme des plaques d’immatriculation suscite un rejet quasi unanime parmi les usagers congolais, qui y voient un prélèvement fiscal supplémentaire dans un contexte économique asphyxiant. Interrogés dans les grandes agglomérations, automobilistes, transporteurs et analystes locaux dénoncent une mesure mal calibrée, perçue comme un signe de déconnexion des priorités étatiques.
À Kinshasa, des témoignages recueillis auprès de groupes d’usagers sur les réseaux sociaux et dans les stations-service mettent en lumière un sentiment d’injustice : « Cette obligation tombe à pic pour renflouer les caisses, alors que les routes restent délabrées », confie un chauffeur de taxi, reflétant un mécontentement partagé sur le coût estimé entre 200 et 500 USD, jugé prohibitif pour des revenus mensuels souvent inférieurs à 30 USD.

À Lubumbashi, capitale économique du Haut-Katanga, des opérateurs de motos-taxis et des commerçants interrogés par voie téléphonique expriment une exaspération contenue : « Priorité aux plaques alors que les mauvaises routes qui sont impraticable bloquent chaque trajet ? C’est un faux problème », résume un transporteur, soulignant l’absurdité d’une modernisation administrative face à des enjeux sécuritaires vitaux.

À Bunia, dans la province de l’Ituri,  les professionnels du transport informel et les PME, contactés via des associations sectorielles, pointent l’effet domino sur leurs marges : « Avec l’inflation et le carburant à 5 000-8 000 FC (1,79-2,86 USD) le litre, cette taxe va étrangler les petits opérateurs », analyse un délégué syndical, craignant une flambée des tarifs de transport public.

Réactions populaires et analyse critique.

Ces réactions, convergentes d’un bout à l’autre du pays, interrogent la capacité du gouvernement à anticiper l’impact social de ses réformes. Loin d’un simple mécontentement ponctuel, elles révèlent une défiance structurelle, amplifiée par l’absence de dialogue préalable.

Les recommendations

Cette réforme des plaques est une bonne idée pour moderniser les impôts et régler les problèmes de manque de plaques. Mais la faire d'un coup, sans explication claire, pose question dans un pays où 90% des familles ont du mal à manger à leur faim. Sans délai pour s'adapter, aides financières ou meilleure communication, elle risque d'éloigner encore plus les gens du pouvoir, surtout avant les élections. Le gouvernement ferait mieux de donner les vrais prix, des exceptions pour les pauvres et l'effet sur le budget, pour que cette mesure technique devienne un vrai succès.

 

- Shaby Kazungu

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