@Cellule Communication de la Coordination. - Photo prise lors du message à la nation du coordonnateur politique de l’AFC/M23, en compagnie du porte-parole politique Lawrence Kanyuka et de Brenda Monkango, assistante du coordonnateur politique de l’AFC/M23.

RDC : Nangaa pointe la responsabilité du gouvernement central dans la montée des divisions communautaires

Dans son message de fin d’année, Corneille Nangaa a exprimé des inquiétudes concernant l’utilisation d’un langage politique et sécuritaire qui cible certaines communautés, en particulier les Congolais tutsi.

Ces observations interviennent à un moment où les frontières entre sécurité, communication politique et mobilisation identitaire apparaissent de plus en plus floues. Depuis plusieurs mois, certaines déclarations publiques de responsables civils et militaires présentent certaines communautés comme des sources potentielles de tensions, ce qui contribue à un climat général de méfiance. Dans un pays ayant déjà connu des conflits à forte dimension communautaire, cette situation pourrait représenter un risque pour la stabilité.

Selon Nangaa, cette dynamique ne se limite plus aux populations parlant le kinyarwanda et pourrait toucher progressivement d’autres groupes, notamment les Swahiliphones de l’Est. Si cette tendance se confirmait, elle pourrait renforcer les fractures sociales et rendre la stabilisation du pays plus complexe. Les tensions identitaires tendent à durcir les positions, à réduire les marges de compromis politique et à banaliser la violence contre les civils.

Le débat public s’est intensifié après des propos attribués à un haut responsable de l’armée congolaise, largement relayés et commentés au niveau national et international. Même de manière implicite, ces propos rappellent des discours liés aux violences passées dans la région des Grands Lacs et soulèvent des inquiétudes quant à la possibilité de marginalisation de certaines communautés. Dans un environnement institutionnel fragile, l’absence de réactions claires de l’État pourrait accentuer ces risques.

Parallèlement, les mécanismes de désescalade mis en place en 2025 restent largement incomplets. Les accords prévoyant un cessez-le-feu et la libération de détenus n’ont été appliqués que partiellement. Les violations répétées de la trêve montrent que les engagements pris n’ont pas encore généré de changements tangibles sur le terrain, renforçant la perception d’un processus de paix encore fragile.

L’année écoulée a représenté un tournant stratégique. La prise de Goma et de Bukavu par l’AFC/M23 au début de l’année a modifié l’équilibre des forces et accru la pression politique sur Kinshasa. Les discussions directes organisées en avril sous médiation qatarie ont constitué une avancée diplomatique notable, mais leur impact reste limité sans mécanismes de suivi solides et garanties de mise en œuvre.

Dans ce contexte, la place croissante des messages identitaires constitue un facteur pouvant amplifier les risques. Au-delà des affrontements armés, elle peut fragiliser l’unité nationale et rendre plus difficile la reconstruction de l’État. Pour les acteurs nationaux comme internationaux, la priorité ne se limite pas à la gestion militaire du conflit : il s’agit aussi de suivre et d’encadrer le langage politique afin d’éviter que la guerre ne se transforme durablement en conflit entre communautés.

 

Auteur : Shaby Kazungu.

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